« La patrie de tous »

Le Royaume de Bahreïn, pays de civilisation, de liberté de religions et de confessions, représente un véritable exemple de tolérance religieuse et de respect des différents cultes, dans le cadre des initiatives humaines et civilisationnelles adoptées par l’exercice du régime actuel qui a adopté une véritable politique d’ouverture.

A travers son histoire, Bahreïn n’a jamais accordé aucune place aux termes « confessionnalisme » ou « communautarisme ». En effet, les Bahreïnis ont toujours basé leur morale, dans leur vie réelle et leurs comportements, sur la tolérance et la paix, entre les différents peuples, quelle que soit leur appartenance religieuse.

La promotion de la notion du respect des libertés religieuses, garantie par la Constitution bahreïnie et exprimée dans la Charte nationale adoptée par référendum en 2002 sous l’égide de SM le Roi, reflète les valeurs enracinées chez le peuple bahreïni à travers l’Histoire. Ces valeurs, basées sur la tolérance entre les différentes communautés existantes sur le territoire bahreïni respectent ses diverses composantes, car elles sont le point de rencontre de multiples civilisations qui remontent à plus de 5000 ans. La terre bahreïnie a été pionnière, en éliminant toute distinction fondée sur le sexe, la race, la religion ou la confession, entre ses habitants ou ceux des autres pays et elle est ainsi devenue la patrie de tous.

Bahreïn est l’un des premiers pays du Golfe qui a ouvert ses portes aux croyants de différentes religions autres que musulmanes et leur a garanti leurs droits. L’Etat a fait don de terrains pour la construction d’églises chrétiennes : des églises catholiques, protestantes, anglicanes, ainsi que des églises orthodoxes. Des lois garantissant la liberté de religion et de culte ont été introduites, dans une atmosphère de respect et de sécurité, sous la protection du Gouvernement, ce qui a permis une véritable unité de tous les citoyens.

Lors d’une visite officielle au Vatican le 19 mai 2014, SM le Roi a rencontré le Pape François et ils ont étudié les meilleurs moyens de réfuter l’extrémisme religieux et de consolider la tolérance et la paix civiles.

Les travaux de construction de la plus grande cathédrale catholique dans la région du Golfe, ont été entamés. Cette Cathédrale dédiée à « Notre-Dame d’Arabie » sera un nouveau symbole de l'importance de cette tolérance religieuse qui existe dans le pays.

Le Vatican a choisi Bahreïn pour le représenter et porter sa mission dans la région d’Arabie, compte tenu du respect que porte le Gouvernement bahreïni au christianisme, ainsi qu’aux autres religions et pour la diversité culturelle et intellectuelle du peuple bahreïni.

Dans la cité de Muharraq, l’une des villes historiques de Bahreïn, il existe une mosquée dénommée « Arraheb » - terme arabe signifiant « le moine » - qui représentait un caractère sacré spécifique pour les habitants d’un village chrétien du nom de « Addayr » - signifiant « le monastère » - et ce, avant l’arrivée de l’islam. Comme son nom l’indique, le village, qui abrite cette mosquée, accueille les religieux de confession chrétienne cherchant à adorer et servir le Christ.

Cette construction était un couvent pour les chrétiens de Bahreïn avant l’arrivée de l’islam et un moine y avait pris refuge pour prier et vivre en ermite. Il a été transformé plus tard en une mosquée et, comme signe de fidélité et de respect d’autrui de la part des Bahreïnis, les villageois l’ont dénommée « mosquée du moine » (masjed Arraheb », et elle porte ce nom jusqu’à nos jours. Quel véritable modèle d’entente et d’unité ! Quelle tolérance entre le peuple bahreïni de toute appartenance et croyance !

Il existe parmi les citoyens bahreïnis des minorités, comme les Juifs et les Bahaïs, jouissant de tous leurs droits et libertés. Les juifs, dont la présence remonte à 1862, se voient garantir leur liberté de culte et ont deux temples pour y pratiquer leurs prières.

Les juifs de Bahreïn, comme les autres minorités ethniques, détiennent tous leurs droits et sont représentés au Conseil de la Choura (le Sénat).

Quant aux Bahaïs, ils ont émigré à Bahreïn dans les années quarante et les éléments historiques montrent que les Bahreïnis étaient les premiers à recevoir et à accepter à bras ouverts les principes et enseignements prônés par Bahaa Allah. Par ailleurs, ils ont un cimetière, à l’instar des autres religions, dénommé « le jardin éternel » ; ils font en effet partie intégrante de la société bahreïnie.

N’oublions pas de mentionner les autres religions présentes, comme les Hindous et les Bouddhistes, qui sont majoritaires parmi les travailleurs immigrés au Royaume de Bahreïn, car il y règne un climat propice à la création d’opportunités d’emploi pour les étrangers de divers niveaux d’éducation. Ces immigrés jouissent de tous les droits et de la liberté religieuse, notamment à travers la construction de temples qui leur sont spécifiquement dédiés. A cet effet, j’aimerais attirer l’attention sur un temple bouddhiste qui date de 200 ans, construit au début du vingtième siècle dans un cadre spécifique à la communauté de « Pushti marg » hindoue (l’une des confessions à laquelle appartient la majorité des Hindous de Bahreïn).

En février 2012, lors d’une rencontre avec une délégation parlementaire bahreïnie, les sénateurs français ont salué la liberté de religion et de culte, ainsi que la diversité religieuse et culturelle dans le Royaume, qui assure son ouverture aux autres civilisations et cultures à travers le monde.

Au travers des différentes cultures qu’elle a vu défiler durant son Histoire, Bahreïn a su préserver une valeur humaine sûre, celle de la cohabitation entre les différentes religions.

Bahreïn est fier aujourd’hui de la diversité et de la richesse intellectuelles de sa société : les croyants de diverses religions et appartenances y travaillent côte à côte, au service de leur pays et de son développement, pour construire un monde meilleur, mus par leur dévouement patriotique et leur foi en l’obligation humaine de servir son prochain.

La tolérance religieuse à Bahreïn est particulièrement importante chez les personnes ayant des convictions religieuses et idéologiques différentes et qui cohabitent en parfaite harmonie dans une société démocratique pluraliste. Si le progrès signifie, entre autres, le passage du simple au complexe et si l’époque moderne est témoin, notamment en Europe, de l’émergence accentuée de sociétés multiculturelles, où l’on voit se réaliser une diversité dans les différences religieuses et confessionnelles, alors comment ne pas comprendre que c'est la base de la culture au Royaume de Bahreïn...

par
Jassim BILJEEK
Consul du Royaume de Bahreïn en France