Rumeur sur la place rouge

C’est un bruit qui court de plus en plus dans les chancelleries occidentales... Aussi cynique que cela puisse paraître, Boris Nemtsov - la victime d’un meurtre presque parfait la nuit du 27 au 28 février sur le Grand Pont de la Moskova à quelques encablures du Kremlin et désormais à jamais reconnu par les médias comme « l’opposant numéro 1» du Président Vladimir Poutine – avait déjà depuis longtemps disparu des écrans radar...  Car, peu de journalistes se soucient de mentionner la véritable place qu’occupait Boris Nemtsov dans l’opposition russe au moment de son assassinat. Toujours conscient de son charisme, Nemtsov, en 1997, comptait parmi les hommes politiques les plus populaires de Russie. C’est notamment sous Boris Eltsine que 29% de Russes étaient prêts à élire à la Présidence de leur pays un jeune et talentueux Vice-premier Ministre. Mais en 1998, à la suite d’une très grande crise financière pour laquelle il fût partiellement accusé, sa cote a chuté à 1% et il a été forcé de donner sa démission. Un an plus tard, il a fondé le parti « L’Union des force de droite » et est entré dans la Douma qu’il quitta en 2003, car son parti, ne recueillait que 4% des voix.Nemtsov est alors entré dans l’opposition, tout en nourrissant l’ambition de revenir un jour par la grande porte. En tant qu’opposant, il soutient la Révolution Orange de 2004 en Ukraine et devient l’un des conseillers de Victor Louchtchenko. Il a aussi soutenu les révoltés de la place« Maidan » en 2014. Cependant, celui qu’on désigne comme « l’opposant numéro 1» jouait toujours les seconds rôles, à la différence, par exemple d’Alexei Navalny, qui a acquis sa popularité à Moscou grâce à sa campagne anti-corruption. La nuit du 27 mars 2015 Boris Nemtsov fut donc assassiné à quelques pas du Kremlin. Le 1er mars, 50 000 personnes, selon les organisateurs et 16 000 selon la police sont descendus dans les rues de Moscou pour se recueillir sur le lieu de son assassinat. Mais au final, à qui le crime profite-t-il ? Certains vont jusqu’à dire que sa disparition gène plus Poutine qu’elle ne l’arrange !  

Marina Yaloyan