Un marchand d'art au musée du luxembourg

« Sans Durand, nous serions morts de faim, nous, tous les impressionnistes. Nous lui devons tout », écrivait à la fin de sa vie Claude Monet. 

Audacieux, passionné et avisé, Paul Durand-Ruel redéfinit son métier, celui du marchand d’art au XIXème siècle. Visionnaire, il parie sur les impressionnistes, un mouvement jadis incompris et méprisé. Et il gagne. « Ma folie avait été sagesse. Dire que si j’étais mort à soixante ans, je mourrais criblé de dettes et insolvable, parmi des trésors méconnus… », écrit-il dans ses mémoires. 

Durant sa vie il achète, rachète, vend et revend près de 12 000 tableaux, dont des centaines d’oeuvres impressionnistes. Il modernise aussi le marché de l’Art en protégeant l’exclusivité du travail des peintres, en ouvrant des galeries internationales, en fournissant l’accès gratuit aux expositions et en utilisant la presse dans le but de promouvoir le travail des artistes. Aujourd’hui, la reconnaissance pour cette bataille souvent ingrate lui est enfin rendue sous la forme d’une exposition au Musée de de Luxembourg à Paris. 

Les «impressions» défilent comme des songes. La moderne « Mademoiselle Lola » d’Edgar Degas, les doux « Peupliers » de Monet, la gracieuse « Danse à Bougival » de Renoir, la nostalgique « Ile St Denis » de Sisley… Près d’une centaine de tableaux venant des musées du monde entier, et qui sont passé à un moment ou à un autre entre ses mains, se retrouvent sous le même toit pour lui rendre hommage. Egalement, ses mémoires intitulés Paul Durand-Ruel, Mémoires du Marchand des Impressionnistes sont parus chez Flammarion en 2014. 

Musée du Luxembourg - www.museeduluxembourg.fr

Marina Yaloyan