Une Nouvelle Tosca à l’opéra Bastille

 

En l’honneur du 90ème anniversaire de la mort de Puccini, une nouvelle mise-en-scène de Tosca a été conçue pour l’Opéra Bastille, signée par Pierre Audi, le Directeur artistique de l’opéra National d’Amsterdam. Fondée sur une pièce de Victorien Sardou, avec un rôle phare écrit pour Sarah Bernardht, Tosca mêle l’amour au meurtre, la politique à la religion. Un peintre révolutionnaire, une cantatrice passionnée et un sbire sans scrupule : des personnages pour lesquels les apparences jouent un rôle dominant et mènent à une tragédie shakespearienne. Tous les trois se meurent. Audi interprète ce drame à sa façon, en s’éloignant du vérisme pour mieux capter l’émotion. 

Toutes les scènes présentent un mélange d’éléments à la fois symboliques et réalistes, modernes et historiques. La présence (même un peu forcée) d’une croix monumentale dominant les trois actes sert de symbole apparent du pouvoir, alors omniprésent, de l’église catholique. Les émotions sont transmises grâce une riche palette de couleurs et de lumières. 

Dans le deuxième acte, l’univers de la force policière corrompue et le meurtre commis par Tosca sont reflétés par les dorures et le rouge écarlate, tandis que dans le troisième, la lumière blanche aveuglante et un voile léger sont un subterfuge minimaliste pour la chute de Tosca dans le vide depuis le Château Saint-Ange. Cependant, malgré un travail solide et professionnel, cette nouvelle Tosca manque un peu d’un léger « je-ne-sais-quoi », qui aurait pu faire la différence. 

Oksana Dyka est une Tosca charmante au soprano doux et riche, mais trop équilibrée. Elle n’atteint pas toute la complexité et les nuances psychologiques du personnage. Massimo Giordano dans le rôle du peintre Calvaradossi n’est pas inoubliable. Seul Scarpia, interprété par George Gagnidze, s’impose et fait preuve d’une véritable présence dramatique et théâtrale. Mais, même si cette nouvelle Tosca d’Audi manque d’un brin de génie, elle reste tout de même une très belle version pour un opéra incontournable du répertoire... 

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 Marina Yaloyan