2013, une année décisive pour notre politique de défense par Jean-Yves Le Drian Ministre de la Défense

 

 

Dans un contexte de forte contrainte budgétaire, le Président de la République a fait le double choix de notre autonomie stratégique et de notre souveraineté budgétaire, car l’une ne va pas sans l’autre. Le Livre blanc de 2013 a concilié ces deux impératifs. Il l’a fait en n’éludant aucune menace. Nous aurions pu faire des économies faciles, en fermant les yeux sur tout un pan de notre environnement stratégique. Mais ce n’était pas notre conception du travail de préparation de l’avenir que nous devions mener au profit des armées. Au contraire, nous nous sommes tenus à un principe de sincérité dans la description des menaces, comme dans la définition des moyens pour y faire face.

 

C’est le sens du projet de loi de programmation militaire qui est proposé au Parlement pour les cinq prochaines années. Ce texte est celui dont nos armées ont besoin. Le Président de la République a pris la décision de sanctuariser notre effort de défense. Avec le nouveau modèle d’armées et ce niveau de ressources, nous maintiendrons la France au premier rang stratégique. Nous resterons ainsi l’un des rares pays dans le monde à pouvoir assurer simultanément les trois missions fondamentales que sont la protection du territoire et de la population, la dissuasion nucléaire, et l’intervention sur des théâtres extérieurs, pour des missions de gestion de crise ou de guerre, tout en nous appuyant sur une industrie particulièrement performante. Dans cette perspective, la préparation opérationnelle et les programmes industriels sont au cœur du projet de loi de programmation militaire.

En marquant d’autres priorités fortes sur le renseignement, la cyberdéfense, la R&D et les études amont, cette programmation prépare l’avenir en même temps qu’elle préserve l’essentiel. En cela, elle est équilibrée, ambitieuse et pragmatique à la fois. Mais elle n’en sera pas moins difficile – au contraire de m’en cacher, je serai sur ce point particulièrement vigilant.

Après les déflations d’effectifs et les restructurations que nos armées ont déjà connues, je sais tout le prix des efforts qui sont encore devant nous. Pour conduire ces efforts, qui nous permettront, demain, d’asseoir notre défense sur des bases plus solides qu’aujourd’hui, j’ai choisi une méthode, celle de l’écoute, celle du dialogue avec les élus comme avec les personnels, celle aussi de l’intelligence de situation, qui fera toujours passer l’analyse fonctionnelle devant une logique purement arithmétique.

L’objectif est de préserver au maximum les liens qui unissent les armées et les territoires. Mais notre objectif est aussi, pour les sites qui seront amenés à fermer, de permettre une transition dans les meilleures conditions possibles. J’avancerai dans ce domaine avec le souci constant du contexte territorial, économique et social des mesures décidées. A cette fin, j’ai souhaité renforcer les dispositifs d’accompagnement social et territorial dans ce projet de loi de programmation militaire. Ce projet de LPM est l’aboutissement d’un travail de plusieurs mois qui a réuni l’ensemble des acteurs de la Défense dans une réflexion commune. Ce travail continue, et si nous comptons sur la pleine mobilisation des parlementaires pour le faire adopter, nous attendons aussi beaucoup de leurs réflexions pour améliorer un texte majeur pour l’avenir de notre défense, dans l’intérêt de la France et le respect de celles et ceux qui la servent avec courage et dévouement.