Jean-Claude Mignon : "Pour une présidence volontariste et collégiale"

Le 3 octobre dernier, le PPE/ DC (Parti populaire européen/ démocratie chrétienne) m’a désigné à une très large majorité comme son candidat pour la présidence de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, qui concerne 800 millions d’Européens. Compte tenu des accords existant entre groupes politiques, je devrais donc présider aux destinées de cette Assemblée pour une durée de deux années à compter du 23 janvier 2012*.

Si tel est bien le cas, un Français occupera pour la première fois depuis 1989 cette haute fonction. Au delà de l’honneur qui m’est ainsi fait, c’est avant tout une chance pour la France et un espoir pour l’APCE.
J’espère qu’au travers de cette présidence, mon pays pourra réaffirmer son attachement à la plus ancienne organisation paneuropéenne et aux valeurs qu’elle promeut, que l’on croit trop souvent acquises pour toujours. Le respect des libertés et des droits de l’homme résulte en réalité d’une vigilance permanente, le Conseil de l’Europe étant l’une de ses vigies les plus actives.

Il m’appartiendra, dans la droite ligne de mes prédécesseurs, de faire progresser cette organisation. De par ma situation géographique, je serai en mesure d’être très présent à Strasbourg et d’assurer ainsi une présence politique permanente de cette Assemblée, face aux Ambassadeurs des États membres, au Secrétaire général et aux autres organes du Conseil.

J’ai également l’ambition de donner une impulsion plus politique aux travaux de l’APCE en m’impliquant dans la préparation de nos débats afin que ses positions soient encore plus pertinentes politiquement et plus visibles, ce qui implique également une politique de communication plus volontariste, allant à la rencontre des media. Je m’efforcerai de faire en sorte que nos propositions fassent l’objet d’un suivi plus important et que dans toute la mesure du possible, les différents organes du Conseil parlent d’une seule voix et que celleci soit donc plus forte. Je souhaite que ma présidence ne soit pas celle d’un seul homme, qu’elle soit celle d’une équipe et qu’elle associe au maximum mes collègues à la gestion de leur Assemblée.
Je m’engage à ce qu’aucun dossier ne soit tabou et que nous nous saisissions de tous les problèmes et en premier lieu, du dossier des conflits gelés. Plus généralement, je crois profondément au rôle de la diplomatie parlementaire. Que faisons-nous d’autre d’ailleurs lorsque nous accordons le statut de « partenaire pour la démocratie », c’est-à-dire un statut d’observateur actif, au parlement marocain et au Conseil national palestinien ?

Autre ambition, celle de poursuivre le rapprochement du Parlement européen et de l’APCE. Les négociations réussies entre les deux Assemblées parlementaires sur les modalités de participation des membres du Parlement européen à l’élection des juges à la Cour européenne des droits de l’homme constituent un début prometteur. Créons un pont entre les deux rives de l’Ill à Strasbourg. Il est également indispensable de créer des liens entre les travaux de cette Assemblée et ceux des 47 Parlements nationaux membre de l’Assemblée.
Dernier chantier incontournable, celui de la desserte aérienne de Strasbourg. J’ai l’intention là aussi de m’engager pleinement pour un dialogue constructif de tous les responsables de ce dossier. Il y va du maintien du rôle européen de cette ville. Cette question concerne d’ailleurs au premier chef le Parlement européen et les Parlements nationaux constituent une digue qui n’est pas éternellement insubmersible. Il faut agir et vite ! 

*(N.B. a été élu à cette date.)